
La perte de la diversité biologique est devenue un enjeu planétaire. En effet, le taux actuel d’extinction d’espèces vivantes est de 1000 fois supérieur au taux moyen observé dans l’évolution de la Terre. D’innombrables espèces sont condamnées à disparaître à cause de leur surexploitation, de la destruction de leur habitat, des changements climatiques, des espèces envahissantes et de la pollution.
Les scientifiques du monde entier s’accordent pour prédire l’extinction de 25 à 50 % des espèces d’ici la fin du siècle si rien n’est fait pour renverser la tendance. C’est l’héritage de milliards d’années d’évolution de la flore et de la faune qui disparaît ainsi. À terme, c’est non seulement l’intégrité de la biosphère qui est menacée, mais notre propre survie comme espèce. La protection de la biodiversité est une condition sine qua non du développement durable.
Le texte de cette section provient du Centre sur la biodiversité de l'Université de Montréal.![]()
Photo : Alain Caron via Wikimedia (CC BY-SA 4.0)
Après avoir décidé d’ignorer l’avis de ses experts en autorisant un projet éolien nuisible aux caribous de Charlevoix, le gouvernement caquiste doit approuver sous peu la destruction d’habitats du cervidé au seuil de l’extinction. L’autorisation devrait être accordée pour permettre le déboisement cet été, soit avant le dépôt du « plan d’action » censé assurer la compensation des pertes, une avenue que les scientifiques jugent de toute façon impossible.
Avant de quitter son poste de premier ministre, François Legault a annoncé le début des travaux du mégaprojet éolien Des Neiges, dont une des trois phases est cependant toujours en évaluation environnementale. En compagnie des promoteurs Hydro-Québec, Boralex et Énergir, il a présenté ce chantier prévu sur le territoire de la seigneurie de Beaupré comme un exemple de la « vision économique » du gouvernement du Québec.
Le communiqué ne faisait pas mention de l’incidence du projet sur le caribou, mais la construction des éoliennes du « Secteur Charlevoix » entraînera la destruction d’habitats que les experts du ministère de l’Environnement du Québec jugeaient de « bonne qualité » et essentiels à préserver. Ces habitats devaient devenir des « refuges d’importance pour l’espèce » dans les prochaines années, dans un contexte de réchauffement climatique.
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Photo : Fguerraz via Wikimedia (CC BY-SA 3.0)
Menacé par le changement climatique qui frappe l’Antarctique, le manchot empereur fait désormais partie des espèces « en danger », selon la nouvelle liste de référence établie par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
La population de l’oiseau emblématique sera divisée par deux d’ici les années 2080 en raison du réchauffement qui fait reculer la banquise, selon l’organisation, qui regroupe gouvernements, ONG et scientifiques.
« C’est une espèce très associée à la banquise et à la glace de mer. Or, depuis 2016-2017, il y a une forte diminution de l’étendue de banquise autour de l’Antarctique de manière assez globale et donc sans glace de mer, elle va avoir de grosses difficultés à survivre », explique à l’AFP Christophe Barbraud, chercheur au CNRS.
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Photo : Sépaq
Dix ans se sont écoulés depuis que le gouvernement québécois a annoncé son intention d’élaborer une stratégie pour freiner le déclin du caribou forestier. Une décennie plus tard, le plan se fait toujours attendre. Mais le déclin du cervidé, lui, s’est aggravé.
« Pour notre avenir et celui de nos enfants »
Le communiqué publié dans la matinée du 5 avril 2016 ne manquait pas d’enthousiasme : « Protéger notre environnement, et plus spécifiquement l’habitat du caribou, c’est en quelque sorte se donner une “assurance nature” pour notre avenir et celui de nos enfants », y affirmait le ministre libéral de l’Environnement de l’époque, David Heurtel. Québec annonçait ainsi un plan d’action en deux phases pour la conservation de l’habitat du caribou forestier : d’abord des mesures de protection ciblées immédiates, puis « l’élaboration d’une stratégie à long terme d’aménagement de l’habitat du caribou forestier », une feuille de route qui aurait dicté les mesures à prendre à l’échelle du Québec. Dix ans plus tard, cette stratégie est pour ainsi dire prête, mais dort toujours dans les tiroirs du gouvernement1.
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Photo : Hans-Petter Fjeld via Wikimedia (CC BY-SA 2.5)
Les migrations indispensables à la survie des espèces de poissons d’eau douce comme les anguilles sont en plein « effondrement » silencieux, causé par la dégradation des habitats naturels, la surpêche ou les barrages, alerte un rapport de l’ONU publié mardi.
« Les poissons d’eau douce comptent parmi les vertébrés les plus menacés », soulignent des experts dans un rapport publié à l’ouverture de la COP15 sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage, du 23 au 29 mars à Campo Verde au Brésil.
Les populations de poissons migrateurs d’eau douce ont chuté de quelque 81 % depuis 1970, selon les chiffres du WWF.
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Photo : Francesco Ungaro via pexels.com (CC0)
Des milliards de moules carbonisées, des oisillons tombant de leurs nids surchauffés : les vagues de chaleur d’envergure, telle celle connue par l’Amérique du Nord en 2021, entraînent des effets écologiques « en cascade » souvent désastreux mais aussi parfois plus nuancés, indique mercredi une étude scientifique.
La vague de chaleur intervenue du 25 juin au 2 juillet 2021 dans l’ouest de l’Amérique du Nord, alimentée par le changement climatique, a été parmi les plus extrêmes jamais enregistrées à l’échelle mondiale, avec des températures dépassant parfois les 50 °C.
Cette « vague de chaleur a eu des répercussions écologiques considérables, notamment une augmentation de près de 400 % des feux de forêt et des conséquences négatives pour plus des trois quarts des espèces étudiées », indique Diane Srivastava, coauteure de l’étude, parue dans la revue Nature Ecology&Evolution, et professeure au Centre de recherche sur la biodiversité de l’université de Colombie-Britannique.
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Photo : Dreamdan via Wikimedia (GNU FDL)
Différents mécanismes biologiques permettent aux reines bourdons de survivre pendant plusieurs jours au printemps, quand le sol où elles ont passé l’hiver dégèle et se gorge d’eau en raison de la pluie, ont constaté des chercheurs de l’Université d’Ottawa.
Les travaux de l’équipe du professeur Charles-Antoine Darveau ont ainsi démontré que les reines peuvent survivre à une immersion pendant plus d’une semaine, un véritable exploit pour un insecte terrestre.
On ne connaît toutefois pas les limites de ces mécanismes de survie. On ne peut donc pas savoir si les bourdons pourront survivre si les changements climatiques provoquent une fonte plus hâtive et des pluies plus abondantes.
« Ça semble contradictoire, mais plusieurs insectes qui vivent sur terre sont capables de respirer sous l’eau, même si généralement ce sont les insectes qui sont liés au milieu aquatique », a dit le professeur Darveau.
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Photo : Wayne77 via Wikimedia (CC BY-SA 3.0)
Manchot du Cap, bécasseau spatule, requin tigre… Le nombre d’animaux sauvages migrateurs qui risquent l’extinction est en augmentation sous les effets du dérèglement climatique, met en avant un rapport publié jeudi à l’occasion d’une conférence internationale au Brésil.
« Ces statistiques mises à jour présentent un tableau préoccupant », s’inquiète ce rapport publié en amont de la COP15 sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage, du 23 au 29 mars à Campo Verde au Brésil.
Parmi les espèces répertoriées par la Convention de Bonn de 1979 sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage – qui publie le rapport écrit par quatre scientifiques –, une sur quatre (24 %) est menacée d’extinction et la moitié (49 %), soit 592 espèces, voient leur population décroître.
Ces statistiques sont en augmentation respectivement de deux et cinq points de pourcentage en comparaison avec le premier rapport de ce type publié en 2024.
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Carte : SNAP Québec
Une nouvelle étude montre que les investissements dans la préservation de la nature stimulent l’activité économique de façon importante dans tout le pays, alors même que le financement fédéral de la conservation de la nature fait face à un avenir incertain.
Selon un nouveau rapport de la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP), chaque dollar dépensé par les gouvernements et les organismes sans but lucratif dans les zones protégées et conservées a généré 3,62 dollars de dépenses touristiques au cours de l’exercice 2023-2024. Cette étude, qui a été évaluée par le C.D. Howe Institute, l’Université Simon Fraser et des experts en conservation et en économie, montre que l’activité économique générée par les visiteurs dans les zones terrestres et maritimes protégées a contribué à hauteur de 10,9 milliards de dollars au PIB du Canada cette année-là.
Ces investissements ont également permis de soutenir 150 000 emplois et de générer 6,6 milliards de dollars en salaires. Ces retombées directes, auxquelles s’ajoutent des retombées indirectes, telles que la stimulation de l’activité commerciale et des dépenses des ménages, ont rapporté 1,4 milliard de dollars en recettes fiscales aux gouvernements, selon le rapport.
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Photo : Aaron Maizlish via Flickr (CC BY-NC 2.0)
Une nouvelle étude révèle que le nombre d’oiseaux qui traversent le ciel nord-américain a diminué de plusieurs milliards par rapport à il y a quelques décennies et que leur population diminue de plus en plus rapidement, principalement en raison de la combinaison de l’agriculture intensive et du réchauffement climatique.
Près de la moitié des 261 espèces étudiées ont subi des pertes suffisamment importantes pour être statistiquement significatives, et plus de la moitié de celles dont la population est en déclin voient leurs pertes s’accélérer depuis 1987, selon la revue Science publiée jeudi.
Cette étude est la première à examiner non seulement la population totale d’oiseaux, mais aussi les tendances de leur déclin, les zones où leur population diminue le plus et les causes de ce déclin.
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Photo : Pierre Dorval via Le Devoir
Face à l’indignation de citoyens de la Mauricie, le gouvernement caquiste a accepté de reporter des coupes prévues dans une petite forêt qualifiée d’« écosystème exceptionnel » et qui pourrait devenir une aire protégée. Il a toutefois permis à une entreprise de détruire une partie de cet écosystème pour construire un chemin qui lui permet d’aller couper une autre forêt située tout près et qui avait été ciblée pour la création d’une « réserve de biodiversité ».
La « forêt ancienne des lacs Grandbois » est une zone d’à peine 7 km2 située sur le territoire de la MRC de Mékinac, au nord-est de Shawinigan. Malgré l’activité forestière industrielle dans la région, cette forêt comprenant des arbres de plus de 200 ans en moyenne, mais aussi des espèces fauniques et floristiques en péril, a toujours été préservée.
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Photo : Pêches et océans Canada
L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a envoyé une lettre aux premiers ministres Mark Carney et François Legault pour leur faire part de sa « vive préoccupation » concernant la survie du chevalier cuivré, dans le contexte du projet d’agrandissement du port de Montréal à Contrecœur.
L’expansion prévue du port de Montréal dans l’habitat du chevalier cuivré, le seul poisson ayant une aire de répartition exclusive au Québec, soulève des préoccupations à l’échelle internationale.
« Nous vous prions de bien vouloir prendre en considération les répercussions du projet […] sur cette espèce endémique canadienne unique et extrêmement vulnérable », peut-on lire dans la missive envoyée aux deux premiers ministres l’automne dernier, et dont La Presse Canadienne a obtenu une copie cette semaine.
Le chevalier cuivré est « une espèce unique et très fragile d’une importance capitale pour la biodiversité, car on ne le trouve nulle part ailleurs sur Terre, si ce n’est dans une très petite portion du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Richelieu, dans le sud du Québec », souligne l’UICN.
Le gouvernement canadien a contrevenu à sa propre Loi sur les espèces en péril en autorisant l’Administration portuaire de Montréal (APM) à détruire une partie de l’« habitat essentiel » du chevalier cuivré. C’est ce qu’affirment les deux organismes qui viennent de déposer une poursuite qui conteste la légalité de la décision du fédéral, qui a appuyé et financé le mégaprojet portuaire.
Près d’un mois après l’autorisation accordée par Pêches et Océans Canada (MPO) qui permet aux promoteurs du futur port de détruire des milieux naturels aquatiques protégés dans le cadre de leurs opérations de dragage du fleuve Saint-Laurent, la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec) et le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) viennent de déposer une poursuite en Cour fédérale contre la ministre de MPO, Joanne Thompson.
Les deux organisations contestent la légalité de la décision permettant la destruction de portions de l’« habitat essentiel » du chevalier cuivré. Cet habitat, qui comprend des herbiers essentiels pour l’alimentation de l’espèce, est protégé en vertu de la Loi sur les espèces en péril, qui interdit normalement toute forme de destruction.
Rien ne prouve qu’il est possible de compenser la destruction de l’habitat essentiel protégé du chevalier cuivré, affirment des scientifiques du gouvernement du Québec. C’est pourtant ce que soutient Ottawa dans l’autorisation accordée pour la construction du nouveau port industriel de Contrecœur. La légalité de cette décision est maintenant contestée dans une action en justice qui vient d’être déposée en Cour fédérale.
Partisan et bailleur de fonds du mégaprojet portuaire de Contrecœur, le gouvernement fédéral a autorisé récemment l’Administration portuaire de Montréal (APM) à détruire une partie de l’« habitat essentiel » à la survie du chevalier cuivré, un poisson qui existe uniquement au Québec et qui est au seuil de l’extinction.
Ces milieux naturels du fleuve Saint-Laurent qui disparaîtront pour construire le quai du port de conteneurs sont protégés en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), qui interdit normalement ces destructions.
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Photo : Anderson Mancini via Wikimedia (CC BY 2.0)
Après près de deux décennies d'élaboration, un accord international visant à protéger la vie marine dans les eaux internationales et les fonds marins doit entrer en vigueur samedi, marquant ainsi une avancée majeure dans les efforts visant à garantir la santé des écosystèmes océaniques pour les décennies à venir.
Officiellement connu sous le nom d'Accord sur la biodiversité au-delà des juridictions nationales (BBNJ), ce traité des Nations Unies, juridiquement contraignant, couvre les zones océaniques situées au-delà des eaux territoriales (la « haute mer ») et les fonds marins internationaux.
Ces régions représentent plus des deux tiers de la surface des océans et plus de 90 % du volume total des habitats sur la Terre. Cela s'explique par la profondeur des océans, la majeure partie de l'espace vital sur Terre se trouvant sous l'eau.
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Photo : hww.ca
Le gouvernement du Québec a annoncé, mardi, « la désignation légale d’un nouvel habitat faunique » pour la rainette faux-grillon de l’Ouest dans les régions de la Montérégie et de l’Outaouais.
À partir du 1er janvier 2026, l’habitat faunique de la rainette faux-grillon de l’Ouest serait officiellement protégé en terres publiques en Montérégie et en Outaouais, selon le communiqué publié par le ministère de l’Environnement.
« Quand il s’agit de protéger notre biodiversité, toutes les espèces sont importantes, même les plus petites, comme la rainette faux-grillon de l’Ouest. Malgré les efforts déployés, ses populations continuent de décliner. Il est donc devenu nécessaire d’agir davantage, comme nous le faisons aujourd’hui en protégeant légalement son habitat en territoire public », a indiqué le ministre de l’Environnement, Bernard Drainville.
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Photo : Mario Hains via Wikimedia (CC BY-SA 3.0)
Près de 10 ans après l’adoption de la loi censée freiner la disparition des milieux humides au Québec, l’échec semble évident. Les données fournies au Devoir par le ministère de l’Environnement démontrent que le gouvernement a accordé des milliers d’autorisations permettant de détruire ces écosystèmes essentiels, tout en accumulant plus de 270 millions de dollars en dédommagements. Malgré ce pactole, les compensations sont pour ainsi dire inexistantes.
En adoptant en juin 2017 la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques, le gouvernement du Québec promettait non seulement de « freiner la perte de milieux humides », mais aussi de « viser des gains nets », le tout s’appuyant sur « le principe d’aucune perte nette ». À la lumière des plus récentes données disponibles auprès du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), tout indique que ces engagements n’ont pas été respectés.
Les informations mises à jour en novembre font ainsi état de 5361 autorisations d’empiétement sur des milieux humides, pour un total de 72,4 millions de mètres carrés, l’équivalent de 10 140 terrains de soccer de la Coupe du monde.
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Photo : Sépaq
Le plan de sauvetage du caribou élaboré par le gouvernement Legault prévoyait la création de 15 aires protégées, à l’automne 2023. Des mesures d’atténuation de ses effets sur les communautés forestières étaient aussi prêtes à être implantées, révèlent des documents inédits obtenus par La Presse. Québec a finalement opté pour deux projets pilotes, qui se font toujours attendre.
Quatorze de ces projets d’aires protégées sont situés dans les régions de la Côte-Nord et du Saguenay–Lac-Saint-Jean, où vivent différentes hardes de caribous forestiers, et le quinzième est en Gaspésie, où se trouvent les derniers caribous montagnards au sud du Saint-Laurent.
Ces informations apparaissent dans une centaine de pages d’échanges portant sur la « Stratégie pour les caribous forestiers et les caribous montagnards de la Gaspésie » entre le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) et le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF), que La Presse a obtenues après de longues démarches.
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Photo : © Enrique Íñiguez Rodríguez via Wikimedia (CC-BY-SA)
Le ministre de l’Environnement Bernard Drainville rejette la demande des citoyens qui réclamaient son intervention en faveur d’un projet de « réserve de biodiversité » élaboré en réponse à un « appel à projets » lancé par le gouvernement pour préserver des milieux naturels de grande valeur. L’initiative a été bloquée par des élus locaux afin de préserver les intérêts de l’industrie forestière.
Le projet de la « réserve de biodiversité Mékinac » avait pour objectif de protéger un territoire de 200 km2 comprenant des lacs, des milieux humides, une forêt ancienne, des zones déjà protégées pour leur valeur écologique et des habitats de différentes espèces menacées. Il est situé en Mauricie, où à peine 8 % du territoire naturel est protégé.
Cette initiative, soutenue par l’actrice et dramaturge Christine Beaulieu, a cependant été bloquée par la MRC de Mékinac même si les deux municipalités où se situe le territoire visé avaient signifié leur appui en adoptant des résolutions favorables à son analyse. On y précise d’ailleurs qu’à peine 4 % du territoire de la MRC de Mékinac est protégé.
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Photo : Wilfried Berns via Wikimedia (CC BY-SA 2.0 DE)
Québec réduit sa collecte de données ou cesse complètement l'inventaire de certaines espèces animales, selon des données compilées par le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), qui représente notamment les biologistes du ministère de l’Environnement.
Ce changement de pratique, conséquence directe des compressions budgétaires, inquiète non seulement les biologistes touchés et leurs représentants syndicaux, mais aussi l'Association des biologistes du Québec et l'organisme Nature Québec.
Le gouvernement soutient pour sa part qu'il pourra, malgré tout, continuer d'assurer la conservation des espèces en situation précaire au Québec.
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Photo : ARC Centre of Excellence for Coral Reef Studie (CC BY-ND 2.0)
Le monde est au seuil d’une « réalité nouvelle » sous l’effet du changement climatique, et ses récifs coralliens ont quasi certainement franchi un point de basculement catastrophique, avertissent des chercheurs dans une étude de référence publiée lundi.
Une équipe internationale de quelque 160 scientifiques s’est penchée sur l’état de santé de la planète en scrutant des « points de basculement » potentiels qui pousseraient ses écosystèmes au bord du gouffre. Si ces points sont franchis, un effet domino de catastrophes en cascade, souvent irréversibles, peut se déclencher.
« Malheureusement nous sommes désormais quasi certains que nous avons franchi un de ces points de basculement pour les récifs coralliens tropicaux d’eaux chaudes », dit à l’AFP l’auteur principal, Tim Lenton, chercheur en sciences de l’environnement de l’université d’Exeter (Royaume-Uni).
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Photo : hww.ca
La levée des décrets d’urgence destinés à protéger la rainette faux-grillon en Montérégie pourrait carrément mettre en péril la survie de cette espèce menacée, estiment plusieurs experts. Selon le plus récent bilan réalisé au printemps dernier, le minuscule amphibien serait au bord de l’extinction dans la province.
Le bilan réalisé par l’organisme environnemental Ciel et Terre laisse peu de place à l’interprétation. Sur 16 populations évaluées en Montérégie au printemps dernier, trois font face à l’extinction, quatre sont en déclin et sept ont disparu.
« Le portrait s’est assombri », résume Tommy Montpetit, directeur de la conservation à l’organisme Ciel et Terre. « Ça vient confirmer les observations réalisées au cours des dernières années. Les populations sont en baisse et sont isolées et, surtout, il n’y a pas de connectivité entre elles. »
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Photo : Hagerty Ryan, USFWS via Pixnio (CC0)
Appuyé par des organisations environnementales, un citoyen de Boucherville appelle le ministère des Transports et les municipalités à revoir leur calendrier de tonte pour tenir compte de la protection des papillons monarques. « Pour chaque plant qu’on plante, ils en coupent 1000 ! », dénonce Roger Giraldeau.
Le 22 juillet dernier, un champ de désolation attendait M. Giraldeau à la sortie 17 (Boul. Marie-Victorin) de la route 132, à Boucherville. Un espace vert où pousse un grand nombre d’asclépiades, plante essentielle à la reproduction des papillons monarques, avait été fauché. Patrouilleur bénévole à la Fondation David Suzuki, il parcourt le territoire de Boucherville chaque jour de l’été pour recueillir les œufs de monarques qu’il sait menacés par la faucheuse. Cette année, sur ce terrain, il n’a pu en sauver que six. « Je suis revenu le lendemain, c’était tout fauché », déplore-t-il.
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Photo : David Syzdek via Wikimedia (CC BY-SA 2.0)
Le déclin de la biodiversité n’épargne pas le Canada. Selon le plus récent bilan du Fonds mondial pour la nature, les populations d’animaux sauvages au pays ont décliné de 10 % au cours des 50 dernières années. Et plus de la moitié des espèces subissent des reculs parmi toutes les catégories d’animaux.
« Le portrait le plus précis »
Les populations de vertébrés au pays ont reculé de 10 % depuis 1970, signale le rapport Planète vivante Canada dévoilé ce lundi. Selon le Fonds mondial pour la nature, section Canada (WWF Canada), ce rapport brosse « le portrait le plus précis – et le plus sombre – de la perte d’espèces au Canada jusqu’à présent ». Plus de la moitié des espèces étudiées connaissent une baisse de leur abondance, et tous les groupes d’animaux ont subi des reculs. WWF Canada mentionne que le rapport « est publié au moment même où les gouvernements de tout le pays privilégient la rapidité du développement en assouplissant les règlements qui protègent la nature et les espèces en péril ».
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Photo : Felipe Werneck/Ibama via Wikimedia (CC BY 2.0 DEED)
La forêt amazonienne au Brésil a été amputée en quatre décennies d’une surface proche de celle de l’Espagne et s’approche d’un « point de non-retour », selon les données publiées lundi par le réseau de surveillance Mapbiomas.
Dans le plus vaste pays d’Amérique latine, la plus grande forêt tropicale de la planète a perdu 49,1 millions d’hectares de 1985 à 2024, selon les données satellitaires compilées par ce réseau regroupant des ONG, des universités et des entreprises de technologies.
L’Amazonie s’approche du « point de non-retour au-delà duquel la forêt ne peut plus perdurer » comme telle, car elle menace d’atteindre le seuil de 20-25 % de végétation autochtone perdue, explique Bruno Ferreira, chercheur de Mapbiomas, cité dans un communiqué.
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Photo : Sépaq
Le gouvernement Legault a décidé de revoir à la baisse la fermeture de chemins forestiers dans l’habitat essentiel des derniers caribous de la Gaspésie, même s’il reconnaît que cette mesure doit être une priorité pour éviter leur extinction. Cette décision a été prise afin de répondre aux « préoccupations » des chasseurs qui utilisent les terres publiques, soutenus par les élus locaux.
Le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) avait prévu de fermer un total de 549 km de chemins forestiers situés dans la « zone d’habitat en restauration » (ZHR) du caribou de la Gaspésie, qui comprend l’habitat essentiel à la survie et au rétablissement de cette population, dont il subsiste au mieux 12 individus en liberté.
Le plan du ministère a été soumis à une « consultation publique » plus tôt cette année. À la suite de celle-ci, « la proposition initiale a été fortement modifiée pour tenir compte des préoccupations des chasseurs soutenues par les élus de la MRC La Haute-Gaspésie », peut-on lire dans le rapport produit par le MRNF. Ce document mentionne une « inquiétude » pour « l’accès au territoire pour la pratique de la chasse ».
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Photo : Pêches et océans Canada
Le gouvernement fédéral protège mal les espèces menacées qui vivent en sol canadien, constate le commissaire à l’environnement dans un nouveau rapport publié mardi. Le Canada peine notamment à préserver les habitats essentiels à la survie et au rétablissement de ces espèces, dont le déclin est habituellement imputable aux activités humaines.
« La perte et la dégradation de l’habitat des espèces en péril sont la principale menace à la survie de la plupart de ces espèces », rappelle le commissaire à l’environnement et au développement durable, Jerry V. DeMarco, dans son rapport déposé mardi.
Or, « la plupart des études nécessaires à la désignation complète de l’habitat essentiel des espèces en péril n’ont pas été achevées à temps, ce qui pourrait avoir compromis le rétablissement de certaines de ces espèces ».
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Photo : Fguerraz via Wikimedia (CC BY-SA 3.0)
Le réchauffement climatique, et en particulier le recul de la banquise dans l’Antarctique, fait décliner « plus vite que prévu » la population des manchots empereurs, dont nombre de colonies ont perdu plus de 20 % de leurs membres en 15 ans, alerte mardi une étude britannique de référence.
Ce déclin rapide a été observé par satellites dans seize colonies, situées dans la péninsule antarctique, la mer de Weddell et la mer de Bellingshausen, qui représentent un tiers de la population de la plus grande espèce de manchots au monde, rapporte l’étude du British Antarctic Survey publiée dans la revue Nature Communications : Earth & Environment.
« Nous avons là une illustration très déprimante du changement climatique et un déclin démographique qui se déroule plus vite que prévu, mais il n’est pas trop tard », a déclaré Peter Fretwell, chercheur de cet observatoire britannique qui a dirigé l’étude.
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Photo : Sépaq
Québec n’a toujours pas mis sur pied les projets pilotes de protection du caribou dans Charlevoix et en Gaspésie annoncés au printemps 2024, un retard qui ne vient pas seul, a appris La Presse.
Les consultations publiques menées par le gouvernement se sont terminées le 31 octobre, après avoir été prolongées de trois mois, mais le détail des mesures qui seront mises en place et le calendrier de réalisation n’ont pas encore été rendus publics.
Aucune mesure n’est sur le point d’être mise en place en Gaspésie en raison de l’importante levée de boucliers qui a suivi l’annonce des projets pilotes, a indiqué à La Presse une personne travaillant au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), mais qui n’était pas autorisée à s’exprimer publiquement sur le sujet.
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Photo : Aleks BM via pexels.com (CC0)
Le projet caquiste de réforme de l’exploitation forestière risque de fragiliser nos forêts face aux impacts de la crise climatique, préviennent des experts qui insistent sur l’importance de préserver un maximum d’écosystèmes naturels afin qu’ils puissent mieux s’y adapter. Leur message ne sera toutefois pas entendu dans le cadre des « consultations particulières » en cours sur le projet de loi, puisqu’aucun scientifique indépendant n’a été invité.
« Avec son projet de réforme du régime forestier, la ministre des Ressources naturelles et des Forêts laisse entendre que sa stratégie d’adaptation de la gestion et de l’aménagement des forêts aux changements climatiques devrait essentiellement passer par une intensification de la sylviculture pour adapter la forêt aux conditions futures, en laissant de côté le rôle que peut jouer la forêt naturelle dans cette adaptation. Ce n’est pourtant pas ce que la science nous enseigne », écrivent quatre experts de la forêt dans une lettre publiée ce lundi dans Le Devoir.
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Photo : ARC Centre of Excellence for Coral Reef Studie (CC BY-ND 2.0)
L’avenir des récifs coralliens est assez clair pour la science : à 1,5 °C de réchauffement climatique, seuil que la planète est désormais quasi-certaine de franchir, la plupart des coraux devraient mourir.
« J’aimerais que la réalité soit différente », mais il faut anticiper cette nouvelle réalité « plutôt que de s’accrocher au passé », reconnaît pour l’AFP le chercheur kényan David Obura, président de l’IPBES, le groupe de scientifiques spécialistes de la biodiversité sous l’égide de l’ONU.
« C’est douloureux d’imaginer que tous les récifs coralliens pourraient véritablement mourir », réagit Melanie McField, experte des récifs caribéens, qui décrit « une sorte de stress prétraumatique » parmi ses collègues.
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Graphique : World Resources Institute - Global Forest Watch
L’équivalent de 18 terrains de football par minute : la destruction des forêts vierges tropicales a atteint l’an dernier un niveau record depuis au moins vingt ans, en raison des incendies alimentés par le changement climatique et d’une situation qui se dégrade de nouveau au Brésil.
Les régions tropicales ont perdu l’an dernier 6,7 millions d’hectares de forêt primaire, une superficie quasi équivalente à celle du Panama, au plus haut depuis le début de la collecte des données en 2002 par l’observatoire de référence Global Forest Watch, élaboré par le groupe de réflexion américain World Resources Institute (WRI) avec l’université du Maryland.
Le chiffre, en hausse de 80 % par rapport à 2023, « équivaut à la perte de 18 terrains de football par minute », a souligné Elizabeth Goldman, codirectrice de l’observatoire.
Les incendies sont responsables de près de la moitié de ces pertes, devant l’agriculture pour la première fois.
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Photo : Jean-Raphaël Guillaumin via Flickr (CC BY-SA 2.0)
Une étude menée à Dieppe, au Nouveau-Brunswick, indique que le fait de ne pas tondre sa pelouse en mai a une incidence positive réelle sur les insectes bénéfiques, la qualité des sols et la biodiversité.
Les résultats de l’étude ont été révélés en amont de Mai sans tondeuse, une initiative qui encourage les citoyens à ne pas tondre leur pelouse en mai. Ce mouvement existe depuis 2019 dans de nombreux pays, dont le Canada.
« On vous encourage à ne pas tondre pendant le mois de mai pour offrir aux pollinisateurs davantage de fleurs sauvages, puis des ressources alimentaires qui sont essentielles au printemps et qui sont rares », explique le professeur de biologie à l’Université de Moncton Gaétan Moreau, qui est l’un des auteurs de l’étude.
« On veut juste permettre aux plantes qui sont présentes naturellement dans votre zone gazonnée de pousser. Ça va soutenir la biodiversité et ça joue un rôle dans l’équilibre des écosystèmes », poursuit-il.
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