En réponse à l’adoption du projet de loi 106, nous souhaitons mobiliser tous les citoyens et citoyennes de Saint-Pierre-les-Becquets contre l’exploitation des hydrocarbures fossiles (pétrole et gaz) par fracturation. Nous joignons notre voix à celles des autres comités qui, à travers le Québec, exigent la protection de nos sources d’eau, de notre environnement et de notre qualité de vie.
Alors que le Canada risque fort de rater ses cibles de diminution de gaz à effet de serre (GES) pour 2020, augmenter les émissions de GES au Québec par l’exploitation des énergie fossiles nous éloignerait encore plus de ces cibles.
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Photo : AQLPA via Facebook
Pendant que l’aspirante première ministre Christine Fréchette ouvre la porte à un retour du gaz de schiste, des puits forés il y a plus de 15 ans laissent toujours fuir du méthane, un très puissant gaz à effet de serre. La loi en vigueur au Québec oblige pourtant les entreprises à les fermer « définitivement ». Or, aucun des 29 puits n’a encore été fermé, malgré les dizaines de millions de dollars de fonds publics disponibles pour financer les travaux.
Selon les données fournies au Devoir par le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE), au moins 6 des 18 puits qui ont été forés et fracturés laissent présentement fuir du méthane dans l’atmosphère. Les 11 autres puits n’avaient pas été fracturés à l’époque de leur forage, vers 2010, soit au moment où l’industrie prévoyait de forer pas moins de 20 000 puits dans la vallée du Saint-Laurent.
Le MEIE, que Mme Fréchette dirigeait toujours en janvier dernier, récolte sur une base régulière des données sur les fuites à la tête des puits. Celles-ci permettent de constater que le volume des « fuites totales » quotidiennes atteint 127,3 m³, selon « les données les plus récentes ». Non seulement ce volume ne recule pas au fil des années, mais il serait même à la hausse, notamment par rapport à 2024. Globalement, le volume actuel de 127,3 m³ par jour équivaut à près de 46 500 m³ de méthane par année.
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Photo : eryn.rickard via Wikimedia (CC BY 2.0)
L’une des mesures climatiques phares du nouveau gouvernement de Mark Carney, la prolongation du crédit d’impôt pour les projets industriels de captage, utilisation et stockage de carbone (CUSC), fera passer la facture pour les contribuables au-delà des 15 milliards de dollars d’ici 2035. Dans le dernier budget fédéral, les entreprises pétrolières soucieuses d’enfouir leurs émissions dans le sol ont pu apprendre qu’elles peuvent désormais compter sur un soutien public plus important et pour plus longtemps. Jusqu’à la moitié du coût de leurs installations controversées leur est déjà remis sous forme de crédit d’impôt remboursable. Des documents fournis par le ministère des Finances du Canada chiffrent à 3 milliards de dollars le prix de la prolongation de la pleine subvention accordée à l’industrie pour 5 ans supplémentaires, jusqu’en 2035. Cette somme s’ajoute ainsi à la facture de 12,5 milliards prévue par le gouvernement précédent de Justin Trudeau, un montant d’abord rapporté par Le Devoir.
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Schéma : elengy via Wikimedia (CC BY-SA 3.0)
Le président du comité d’experts qui conseille le gouvernement du Québec en matière de lutte contre les changements climatiques est formel : le projet de GNL de Marinvest Energy représente « une vision préhistorique » de l’économie qui revient à nier l’urgence de la transition énergétique et à parier sur un avenir qui sera « une catastrophe » pour l’environnement et nos sociétés.
Le nouveau mégaprojet de gazoduc et d’usine de production de gaz naturel liquéfié (GNL) que l’entreprise Marinvest Energy veut construire sur la Côte-Nord, au Québec, est « incompatible » avec la voie à suivre pour éviter le naufrage du climat planétaire, mais aussi pour développer une économie résiliente pour les décennies à venir, affirme le président du Comité consultatif sur les changements climatiques (CCCC), Alain Webster, en entrevue au Devoir.
« La seule façon de rentabiliser ce type d’infrastructures immenses, c’est de ne pas atteindre nos objectifs climatiques. La planète consommerait donc de grandes quantités d’énergies fossiles dans les prochaines décennies. D’un point de vue économique, c’est une catastrophe. D’un point de vue environnemental, c’est une catastrophe. D’un point de vue social, c’est une catastrophe. C’est donc une très mauvaise idée », souligne-t-il.
Juillet 2021. Un an après que le premier ministre François Legault a affirmé que l’exportation de millions de tonnes d’énergie fossile chaque année par GNL Québec allait « aider la planète » à la lutter contre la crise climatique, le gouvernement caquiste accepte finalement les constats de la science. Le complexe gazier aurait nui à la « transition énergétique », le trafic de méthaniers menaçait une population de bélugas déjà en voie de disparition et, dernier clou dans le cercueil, l’acceptabilité sociale n’était pas au rendez-vous.
« Nous avons dû nous rendre à l’évidence, les risques du projet dépassent ses avantages », avait alors résumé le ministre de l’Environnement, Benoit Charette. Moins de cinq ans après ce refus, l’entreprise norvégienne Marinvest Energy veut construire un mégaprojet très similaire : un gazoduc de plusieurs centaines de kilomètres, une usine de production de gaz naturel liquéfié (GNL) et un terminal maritime, cette fois à Baie-Comeau. Le tout servirait à exporter du gaz exploité en Alberta en utilisant surtout la fracturation hydraulique.
Québec et Ottawa ont refusé le projet de GNL Québec en évoquant les risques liés au trafic des navires méthaniers pour le béluga. Or, Marinvest Energy pourrait aussi avoir des conséquences sur des cétacés en voie de disparition. Le ministère Pêches et Océans Canada a d’ailleurs a participé à plusieurs rencontres du fédéral sur le projet, a appris Le Devoir, mais il n’a pas évalué ses risques potentiels, puisque celui-ci serait « préliminaire ».
Les évaluations environnementales réalisées pour le projet d’usine de gaz naturel liquéfié (GNL) et d’exportation maritime de GNL Québec avaient mis en lumière les risques que représentaient les méthaniers pour le béluga, mais aussi pour d’autres espèces de cétacés du Saint-Laurent, dont le rorqual commun et le rorqual bleu, tous deux protégés en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP).
Pour transporter le gaz exploité dans l’Ouest canadien jusqu’à son usine de Baie-Comeau, Marinvest Energy doit construire un gazoduc d’environ 1000 km en pleine forêt québécoise. Selon un tracé préliminaire, celui-ci traverserait le « triangle de feux » du Québec, une région très vulnérable aux incendies de forêts, affirment deux experts. Les risques vont d’ailleurs augmenter en raison de la crise climatique provoquée par notre dépendance aux énergies fossiles.
Officiellement, « aucun projet de gazoduc n’est envisagé actuellement dans la forêt boréale québécoise », affirme au Devoir Ressources naturelles Canada. Or, dès mai 2025, un document préparé par ce ministère en vue d’une rencontre avec l’entreprise mentionne ce « nouveau » gazoduc dès le premier paragraphe.
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Photo : BC Energy Regulator
L’industrie voulait forer 20 000 puits en zone habitée après avoir lancé l’exploration sans évaluation environnementale.
Malgré les nombreuses conséquences environnementales de l’industrie du gaz de schiste et les risques de fractures sociales mis en lumière lors de la saga sur cette filière d’énergie fossile, l’aspirante première ministre Christine Fréchette ouvre la porte à une relance de l’exploration gazière. Le retour de cette industrie pourrait nécessiter le forage de milliers de puits entre Montréal et Québec, donc en zone habitée.
Aucun puits d’exploration de gaz de schiste n’a été foré au Québec depuis plus de 15 ans, aucun potentiel commercial n’a été relevé et le gouvernement caquiste a lui-même adopté, en 2022, la loi qui a mis un terme à tous les projets pétroliers et gaziers. Les entreprises réclament d’ailleurs 18 milliards de dollars « pour tous les dommages causés » par la décision de leur fermer la porte. Quant aux puits forés, plusieurs ont connu des fuites.
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Photo : Kevin He via Wikimedia (CC BY-SA 2.0 DEED)
Avec cette méthode, des millions de tonnes de GES en plus seraient relâchés dans l’atmosphère, avertissent des experts.
L’industrie canadienne du pétrole et du gaz mène une offensive discrète auprès d’Ottawa qui se solderait par la fuite de millions de tonnes excédentaires de méthane dans l’atmosphère, avertissent des experts.
L’effort est centré sur une divergence de normes : l’industrie souhaite qu’Ottawa s’appuie sur les mesures albertaines des émissions de méthane plutôt que sur celles du gouvernement fédéral pour évaluer les réductions obtenues dans le cadre de l’entente sur un nouveau pipeline et d’autres soutiens accordés au secteur.
Dans une lettre envoyée fin janvier à la ministre fédérale de l’Environnement, Julie Dabrusin, l’Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP) insiste pour que le gouvernement fédéral « s’appuie exclusivement sur les données provinciales d’émissions » afin de déterminer si l’industrie pétrolière et gazière réduit suffisamment ses émissions de méthane pour atteindre les nouvelles cibles climatiques fédérales.
La construction d’un nouvel oléoduc vers la Colombie-Britannique sans captage et stockage de carbone effacerait environ la moitié des réductions de gaz à effet de serre (GES) générées grâce à la politique climatique du gouvernement fédéral, selon des informations d’Environnement Canada obtenues par La Presse.
Le projet, inclus dans l’entente de principe entre le gouvernement fédéral et l’Alberta signée en novembre, permettrait de transporter au moins un million de barils de pétrole supplémentaires par jour pour l’exportation sur les marchés asiatiques.
L’Inde s’intéresse au pétrole produit par le Canada. Lors de son récent voyage dans ce pays, le premier ministre Mark Carney « a réaffirmé son intention d’élargir l’infrastructure d’exportation de pétrole lourd » vers la région de l’Indo-Pacifique. L’Inde est actuellement le « troisième consommateur mondial de pétrole », a-t-il souligné dans sa déclaration commune avec son homologue Narendra Modi.
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Photo : © Equinor
Les entreprises Equinor et BP pourraient finalement aller de l’avant avec l’exploitation du mégaprojet pétrolier en milieu marin Bay du Nord, au large de Terre-Neuve-et-Labrador. Ce gisement pourrait produire des centaines de millions de barils au cours des prochaines décennies, dans un contexte où les experts du climat ne cessent de réitérer l’urgence de sortir des énergies fossiles. Les forages en eaux profondes seraient réalisés dans des milieux marins reconnus par l’ONU pour leur « importance écologique ».
Le projet, situé à 470 kilomètres des côtes canadiennes et à plus de 1000 mètres de profondeur, a été autorisé par l’ancien ministre de l’Environnement Steven Guilbeault en 2022, au nom du gouvernement Trudeau. Ottawa affirmait alors que l’extraction et la combustion de ce pétrole étaient compatibles avec les objectifs climatiques du Canada.
Après avoir reporté en 2023 la décision d’aller de l’avant ou non avec le projet, les entreprises Equinor et BP ont annoncé mardi une entente en vue du développement de Bay du Nord. L’exploitation pourrait débuter en 2031, mais la décision finale sera prise en 2027.
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Photo: Julia Kilpatrick, Pembina Institute (CC BY-NC-ND 2.0 DEED)
Le Canada compterait désormais 14 « bombes carbone » sur son territoire, situées surtout en Alberta et en Colombie-Britannique.
Selon les organisations Lingo, Data for Good, Reclaim Finance et Éclaircies, établies notamment en Europe et au Canada, il y aurait en tout 601 « bombes carbone » sur la planète.
Une carte interactive de ces projets qui ont le potentiel, selon les quatre organisations, « d’enfermer l’humanité dans un dérèglement climatique irréversible » et qui « menacent les conditions de vie sur Terre » a été publiée lundi sur le site CarbonBombs.org.
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Photo : AQLPA via Facebook
Près de 15 ans après le dernier forage d’un puits de gaz de schiste au Québec, la Cour suprême du Canada vient de rejeter la demande d’appel des entreprises qui refusaient de fermer leurs puits, malgré la loi qui les oblige à le faire. Ces entreprises poursuivent toutefois leurs démarches judiciaires pour obtenir 18 milliards de dollars de compensation de la part de l’État québécois.
Depuis l’adoption en 2022 du projet de loi qui a mis fin à l’exploration pétrolière et gazière au Québec, les entreprises ont l’obligation de fermer définitivement tous les puits fermés « temporairement ». Cette liste compte 62 puits, dont 29 puits de gaz de schiste comprenant les 18 qui ont été fracturés.
Les entreprises responsables refusaient toutefois, pour l’essentiel, de fermer ces puits, même si le gouvernement a prévu de payer 75 % de la facture. Au lieu de se conformer à la législation, elles ont intenté une action en justice pour contester sa constitutionnalité, en évoquant du même souffle une « expropriation déguisée ».
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Photo: Julia Kilpatrick, Pembina Institute (CC BY-NC-ND 2.0 DEED)
Le Canada et d’autres importants pays producteurs de combustibles fossiles compromettent les efforts mondiaux pour atteindre des objectifs clés de lutte contre le changement climatique, selon un nouveau rapport international. Les niveaux de production d’ici 2030 devraient être de plus du double de ce que visait l’Accord de Paris.
Si certains pays se sont engagés dans une transition vers les énergies propres, d’autres semblent revenir « à une stratégie obsolète, dépendante des combustibles fossiles », selon le rapport.
« L’échec collectif persistant des gouvernements à freiner la production de combustibles fossiles et à réduire les émissions mondiales signifie que la production future devra diminuer plus fortement pour compenser », indique le rapport sur l’écart de production, produit par trois organismes de recherche sur le climat.
Malgré les promesses répétées, le gouvernement fédéral est toujours loin de faire le nécessaire pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES), constate l’Institut climatique du Canada. L’organisme soutient d’ailleurs que les reculs annoncés par Ottawa et le soutien aux énergies fossiles compromettent toute la lutte contre la crise du climat, qui représente pourtant une menace grandissante.
Selon des données « préliminaires » pour 2024 publiées jeudi, les émissions de GES du Canada devraient avoisiner les 694 millions de tonnes (Mt). Si elle se confirme, cette estimation équivaudrait à une stagnation par rapport aux émissions de 2023. « Les données sont formelles : les progrès sont au point mort », résume l’organisme de recherche sur les politiques climatiques.
Selon toute vraisemblance, cela signifie que le Canada ne pourra pas atteindre sa cible de réduction des émissions de GES pour 2030, qui constitue une étape importante vers la carboneutralité, que le fédéral s’est engagé à atteindre à l’horizon 2050 dans le cadre de l’Accord de Paris. Cet objectif doit contribuer aux efforts mondiaux visant à prévenir le naufrage climatique que la science nous prédit présentement.
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Photo : AQLPA via Facebook
Même si le Québec a fermé la porte à l’exploitation du gaz de schiste en raison des répercussions environnementales et de la vive controverse sociale provoquée par cette industrie, la vaste majorité du gaz consommé dans la province est exploitée par fracturation. Ce type de gaz fait d’ailleurs partie de l’« approvisionnement responsable » d’Énergir.
« L’essentiel du gaz naturel consommé au Québec vient des États-Unis : près de 86 %, selon les chiffres d’Énergir, que nous publions dans l’État de l’énergie au Québec. Plus de 90 % de ce gaz est du gaz de schiste », résume le titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau, en s’appuyant sur les données officielles de la production nord-américaine.
Selon lui, tout indique d’ailleurs que la plus grande part du gaz provient de Pennsylvanie, un État où l’industrie pose des risques pour l’environnement et la santé qui sont de mieux en mieux documentés. [...]
À la lumière des effets concrets et de mieux en mieux documentés de l’industrie du gaz de schiste sur la santé humaine et sur l’environnement, l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME) estime que le Québec a bien fait de fermer la porte aux entreprises qui rêvaient d’exploiter des énergies fossiles à grande échelle dans le sud de la province. Cette saga gazière a tout de même des conséquences pour les citoyens touchés.
« Le Québec a échappé à plusieurs problèmes qui sont de mieux en mieux connus », résume l’organisatrice de l’AQME, Patricia Clermont. « Même si les impacts de l’industrie sont sous-évalués, notamment parce que plusieurs informations sont considérées comme des secrets industriels des entreprises, on sait qu’il y a des conséquences physiques et psychologiques » pour les populations qui vivent dans les régions où l’industrie de la fracturation est présente.
Elle cite en exemple un rapport produit par l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) qui a mis en lumière des effets sur la grossesse, des problèmes chez les nouveau-nés, le développement de l’asthme et une incidence accrue de maladies cardiovasculaires à l’âge adulte. Sans oublier des risques de leucémie chez les enfants identifiés dans des études américaines.
Même si le Québec a dit non à l’industrie du gaz de schiste, les puits qui ont été forés ne sont toujours pas fermés et les entreprises réclament des milliards de dollars en compensation. Cette saga témoigne d’ailleurs des impacts de la filière, qui est en pleine expansion au pays.
Un puits foré en 2010 pour tenter de trouver un gisement de gaz de schiste se trouve tout au plus à 2 kilomètres de la résidence de Gérard Montpetit, à vol d’oiseau. D’autres maisons du paisible village de Saint-Denis-sur-Richelieu, en Montérégie, sont situées à moins de 500 mètres de ce qui aurait pu devenir un site d’exploitation d’énergie fossile si l’entreprise Canadian Forest Oil avait découvert ce qu’elle cherchait.
Cette filiale d’une société américaine n’existe plus, mais le puits « fermé temporairement » est toujours là. La tête de forage est entourée d’une petite clôture sur laquelle une simple affiche indique « Accès interdit », « Danger » et « Inflammable ». Le tout, au cœur d’un champ de maïs. L’« opérateur » est aujourd’hui Ressouces Utica Sud-Ouest, qui a refusé de répondre à nos questions.
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Photo : 青空白帆 via Wikimedia (CC BY 2.1 JP)
Une cinquantaine d’économistes québécois s’opposent à un éventuel projet de gaz naturel liquéfié (GNL) à Baie-Comeau, sur la Côte-Nord. « En 2021 comme aujourd’hui, l’exportation de GNL n’est pas une option économique sensée pour le Québec », affirment-ils dans une lettre ouverte publiée dans La Presse.
« Nous sommes sceptiques quant à la viabilité d’un projet qui serait plus onéreux qu’en 2021, ferait face à un environnement de marché moins favorable, et ralentirait tout autant la nécessaire transition énergétique », signalent François Delorme, Renaud Gignac, Éric Pineault et plusieurs autres économistes et chercheurs en économie.
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Photo: Julia Kilpatrick, Pembina Institute (CC BY-NC-ND 2.0 DEED)
Au nom du droit à la vie et à un environnement sain, l’exploitation des sables bitumineux, l'expansion des infrastructures liées aux combustibles fossiles ainsi que tout nouveau projet d’exploration et d’exploitation devraient être interdits, selon un rapport onusien publié lundi.
Elisa Morgera, rapporteuse spéciale de l’Organisation des Nations Unies (Organisation des Nations unies (ONU) sur le changement climatique et les droits de l’homme, rappelle, dans un rapport intitulé Défossiliser nos économies − un impératif, que la fin de la dépendance de l’ensemble de nos économies aux combustibles fossiles est « urgente du point de vue des droits de l’homme ».
Selon le rapport, les différents pays devraient « interdire immédiatement la fracturation hydraulique, l’exploitation des sables bitumineux et le torchage du gaz », mais aussi l’exploration et l’exploitation en mer ainsi que l’exploration ou l’exploitation dans des zones protégées et à forte biodiversité.
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Photo : ExxonMobil
Le gouvernement Carney appuie la mise aux enchères de 85 000 km2 de permis d’exploration pétrolière en milieu marin au large des côtes de Terre-Neuve-et-Labrador. Ottawa juge que ce geste en faveur d’une expansion de l’exploitation des énergies fossiles est cohérent avec la lutte contre la crise climatique. Certains permis offerts empiètent toutefois sur une vaste zone de protection de la biodiversité marine.
L’Office Canada–Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers (C-TNLOHE) vient d’annoncer cette mise aux enchères comprenant 36 permis d’exploration divisés entre deux secteurs distincts, pour un total de 85 000 km2.
Un premier bloc de 19 permis (47 000 km2) est disponible dans une vaste zone située à l’est de l’île de Terre-Neuve, dans un secteur dit de « haute activité ». Cela signifie qu’il a fait l’objet de plusieurs projets de recherche pétrolière. Il compte d’ailleurs déjà des permis d’exploration actifs et des permis liés à des « découvertes significatives ». Il se trouve au nord-est des gisements en exploitation.
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Photo : JoachimKohlerBremen via Wikimedia (CC BY-SA 4.0)
La guerre commerciale déclarée par les États-Unis a ressuscité l’idée d’un corridor énergétique est-ouest et le projet GNL Québec, qui proposait d’exporter à partir du Saguenay du gaz naturel canadien sous forme liquide vers les marchés de l’Europe et de l’Asie. La classe politique, y compris au Québec, regarde maintenant ce genre de projet plus favorablement.
Le Canada arrive trop tard, avec des coûts trop élevés pour espérer tirer profit de l’exportation de gaz naturel, selon le plus récent rapport d’Investisseurs pour l’Accord de Paris qui analyse la rentabilité de cet investissement.
Des coûts prohibitifs
Le projet GNl Québec a été proposé pour la première fois en 2015. Il prévoyait la construction d’un gazoduc de 750 kilomètres du nord de l’Ontario jusqu’au Saguenay, une usine de liquéfaction du gaz et un terminal d’exportation. L’investissement prévu à l’époque, 14 milliards, a probablement doublé, selon le rapport qui cite le projet similaire de LNG Canada phase 1, dont le coût prévu était de 18 milliards et qui a finalement coûté 32 milliards.
Le coût d’Énergie Est serait probablement plutôt autour de 33 milliards, estime donc le rapport.

Le géant britannique des hydrocarbures BP a renoncé mercredi à une stratégie climatique autrefois ambitieuse pour se recentrer sur le pétrole et le gaz, avec l’espoir de doper ses bénéfices en berne et ses redistributions aux actionnaires.
Le groupe, qui s’était distingué à partir de 2020 par un plan de neutralité carbone qui allait plus loin que ses principaux rivaux, était déjà largement revenu depuis deux ans sur ses objectifs climatiques.
Il avait de nouveau prévenu en décembre qu’il comptait réduire « de manière significative » ses investissements dans les énergies renouvelables.
« Nous allons accroître nos investissements et notre production » dans les hydrocarbures « pour pouvoir produire de l’énergie à forte marge dans les années à venir » et « nous serons très sélectifs dans nos investissements dans la transition », a confirmé mercredi le directeur général Murray Auchincloss dans un communiqué.
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Photo : BC Energy Regulator
Une série de tremblements de terre liés à l'industrie du gaz naturel bouleverse la vie d'une famille ayant un ranch dans le nord-est de la Colombie-Britannique.
Bo Hedges explique que ses parents vivent dans leur ranch, la Dead Horse Creek Cattle Company, au nord de Fort St John, depuis presque un demi-siècle, avec une source naturelle à proximité de leur maison.
Il assure que les tremblements de terre déclenchés par la fracturation hydraulique « stressent terriblement » ses parents octogénaires, Bill et Marilyn Hedges, qui se demandent « quand le big one se produira ».
La fracturation hydraulique est un procédé consistant à injecter de l’eau et des additifs chimiques dans la roche afin d’en libérer le pétrole et le gaz. Le mois dernier, au moins quatre tremblements de terre allant de 3,1 à 4,3 se sont produits dans la région Peace entre le 8 et le 12 février.
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Photo : JoachimKohlerBremen via Wikimedia (CC BY-SA 4.0)
Au moment où des voix présentent l’accès du pétrole canadien à de nouveaux marchés comme une panacée face aux turbulences américaines venues du Sud, une coalition de 100 organisations écologistes et experts met en garde contre « le mirage » et « la folie de l’énergie fossile » de ce nouvel élan en faveur de l’industrie des hydrocarbures.
L’accession au pouvoir de Donald Trump et d’un gouvernement américain déterminé à bouleverser l’ordre mondial ne doit pas mener le Québec à baisser pavillon après 15 ans de victoire sur l’industrie pétrolière, qui a mené à l’adoption de la loi mettant fin à la recherche et à la production d’hydrocarbures, a tenu à rappeler la coalition en conférence de presse mercredi.
« Le Québec a finalement dit “non” à l’exploration et à l’exploitation des énergies fossiles par voie législative en 2022, après 10 ans de débats, a souligné Patricia Clermont, de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement. Certains veulent profiter de ces temps inquiétants pour nous faire peur et nous faire reculer vers des solutions qui n’en sont pas et qui, au contraire, vont participer à la crise climatique. »
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